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"Comment repérer les signes d'un trouble bipolaire"
Le blog du parler vrai et sans détour sur la Bipolarité! Pour toi, pour nous, pour tes proches et pour tous ceux qui n'y connaissent rien!
Il existe en nous des lieux escarpés, des zones où l’on avance à petits pas, comme sur une crête étroite entre deux mondes. Ce sont nos falaises intérieures : ces instants où l’équilibre se fait mince, où la respiration hésite, où le cœur bat un peu trop fort parce qu’on sait qu’un geste de trop, un mot de plus, une émotion mal accueillie pourrait nous faire basculer.
Nous ne parlons pas souvent de ces moments-là. Ils se vivent dans le silence, dans les coulisses de la vie. Et pourtant, ils disent quelque chose d’essentiel : la finesse de notre sensibilité, la profondeur de notre humanité.
Certaines journées ont la consistance du vent : une brume qui nous traverse sans prévenir. On se surprend à être à la fois là et ailleurs, à sourire par réflexe alors que l’intérieur se resserre.
Les falaises intérieures apparaissent souvent dans ces instants :
lorsque l’on sent que l’humeur glisse d’un cran, sans raison précise ;
lorsque les pensées deviennent trop rapides ou trop lourdes ;
lorsque l’on perçoit une faille dans nos forces ;
lorsque le monde extérieur devient un peu trop bruyant.
Ce n’est pas une faiblesse. C’est un point de bascule, un lieu où notre sensibilité touche ses limites, où la vie nous demande de ralentir, d’écouter, de nous recentrer avant de continuer.
Il y a un art à rester debout au bord de soi.
C’est apprendre à reconnaître le vertige sans le nourrir.
À sentir la tempête arriver sans lui ouvrir la porte trop vite.
À prendre appui sur le souffle, le corps, la terre.
Cela peut être aussi simple que :
s’asseoir quelques minutes dans un endroit sûr ;
fermer les yeux et revenir dans le présent ;
nommer ce qui se passe (“Je suis au bord, mais je suis là”) ;
envoyer un message à quelqu’un de confiance ;
toucher quelque chose de concret (une tasse chaude, un bijou, un textile doux).
La falaise n’est pas là pour nous avaler.
Elle est là pour nous rappeler que nous sommes vivants.
Se tenir au bord de soi, c’est aussi découvrir quelque chose d’inestimable :
que notre fragilité n’est pas le contraire de notre force, mais sa source.
Les falaises intérieures nous apprennent :
la lucidité,
l’humilité,
la capacité de pause,
la présence à soi,
l’art de dire “stop”,
l’art de demander du soutien.
Ce lieu de bascule devient alors un lieu d’apprentissage.
Un passage étroit, oui, mais un passage vers plus de vérité, plus d’authenticité, plus de douceur envers soi.
Tu n’es pas la falaise.
Tu es celui ou celle qui la traverse.
Tu n’es pas le risque de basculer.
Tu es l’être sensible qui apprend chaque jour à se tenir debout au bord, sans se perdre, sans se juger.
Tes falaises intérieures sont des seuils :
des lieux où tu te redécouvres, où tu te rassembles, où tu reviens à toi.
Et chaque fois que tu tiens, même vacillant·e,
tu prouves que la fragilité peut être une lumière.

À propos

Salut 👋 Je suis Isa de STABILIMIND, j'ai créé ce blog pour parler bipolarité positive!